L’Escargot de Quimper (Elona quimperiana)

Espèce protégée

Inscrite aux annexes II et IV de la Directive Habitats
Inscrit à l’annexe II de la convention de Berne.
Inscrit sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. 

Les nuits douces et humides de la fin de l’hiver et du début du printemps sonnent le réveil d’un mollusque remarquable, l’Escargot de Quimper (Elona quimperiana). Cet escargot de taille moyenne se caractérise par sa coquille légèrement aplatie, de couleur brun à brun pâle, ponctuée de taches noires visibles seulement lorsque l’individu est vivant. Ces taches sont en réalité présentes sur le corps de l’invertébré mais la transparence et la finesse de sa coquille laissent à penser à tort que c’est la coquille elle-même qui est maculée.

Escargot de Quimper (Elona quimperiana) adulte - Finistère (© Hugo Touzé 2017)

L’Escargot de Quimper est généralement semi-nocturne mais peut être observé en journée lorsque les conditions météorologiques lui sont favorables (en termes de température et d’humidité principalement). L’habitat de cette espèce emblématique est constitué préférentiellement de forêts fraîches et sombres composées de hêtres communs (Fagus sylvatica) et de chênes (Quercus robur en Bretagne). Ces chênaies-hêtraies se développent sur des sols humides à humus de type moder. On peut également l’observer dans des zones de bocage, des landes humides, des boisements mixtes ou encore dans des boisements péri-urbains (dans lesquels, il peut parfois présenter des populations localement très abondantes).

Durant l’hiver, les individus grégaires sont en repos hivernal (alors inactifs) dans des tas de pierres, des entrelacs de racines, des souches ou des galeries de micromammifères. Le régime alimentaire de ce gastéropode comprend essentiellement des feuilles mortes de Hêtre commun et de chênes ainsi que des champignons qui se développent sur le bois mort.  La reproduction a lieu deux fois par an au printemps (avril-mai) et à l’automne (septembre-octobre), les pontes sont déposées dans la litière forestière (à proximité de racines d’arbres feuillus) ainsi que dans des souches ou des tas de bois mort. Les principaux prédateurs de cette espèce sont les carabes (Carabus sp.) et la Grive musicienne (Turdus philomelos) qui s’attaquent majoritairement aux juvéniles.

Escargot de Quimper (Elona quimperiana) juvénile - Finistère (© Hugo Touzé 2017)

Cet animal à caractère atlantique possède une aire de répartition mondiale très restreinte puisqu’il n’est présent qu’en Espagne (Pays Basque espagnol, monts cantabriques et Galice) et en France. Sa répartition française se scinde en deux zones géographiques distantes, le Pays Basque et la Bretagne. Deux hypothèses sont avancées pour expliquer l’origine disjointe de son aire de répartition : il aurait disparu d’une zone intermédiaire située entre ses deux populations ou, l’espèce aurait été introduite en Bretagne via des individus capturés au nord de l’Espagne. En Bretagne, on trouve cette espèce à l‘ouest d’une ligne fictive reliant Saint-Brieuc à Vannes. Des individus ont également été introduits à Paimpont (Ille-et-Vilaine). 

Rédaction : Hugo TOUZÉ