L’activité de Dervenn s’adapte pour participer à la lutte contre la propagation de la pandémie COVID-19 avec des Plans de Continuité pour Dervenn Conseils Ingénierie (télétravail et sorties terrains isolées ) et Dervenn Travaux Aménagements (poursuite au cas par cas de certains chantiers avec application de mesures strictes).

Dans les pas de nos chiroptérologues : les inventaires vus de l’intérieur

Les chauves-souris — ou chiroptères — sont des animaux nocturnes à part : elles regroupent près de 1400 espèces, soit un cinquième des mammifères ! Très sensibles aux modifications de leurs habitats, elles sont particulièrement vulnérables aux interventions humaines (défrichement des forêts, agriculture, urbanisation…). Elles sont aussi un bon indicateur de l’état des milieux naturels. Autant de raisons qui expliquent leur inventaire dans le cadre des études d’impacts, et le suivi qui en découle en aval des projets d’aménagement — notamment éolien.

En juin dernier, deux membres de Dervenn Conseils & Ingénierie ont participé à la formation « acoustique des chiroptères » dispensée par Michel Barataud. L’objectif : affiner leurs compétences en analyse acoustique pour mieux identifier les signaux sonars émis par les chiroptères, et mieux déterminer les espèces ainsi que leurs comportements.

Des méthodes complémentaires

Nous utilisons deux techniques complémentaires pour mener nos inventaires : l’acoustique (actif ou passif) et la recherche visuelle.

La première repose sur l’identification des signaux sonars émis par les chiroptères en chasse ou en déplacement. On distinguera l’écoute active de l’enregistrement passif.

La méthode active, consiste à écouter de nuit et en direct les signaux émis. Les phases d’écoute, d’une durée de 15 à 20 min, sont réalisées sur des points ou courts transects d’écoute préalablement identifiés. Nous enregistrons l’activité des chiroptères en privilégiant les débuts et fins de nuit, lorsque ces mammifères sont les plus actifs. Les espèces sont dans la mesure du possible identifiées directement. À savoir : pour être pertinents, les points d’écoute doivent être représentatifs de la zone d’étude. Nous couvrons en moyenne six à huit points d’écoute par nuit.

La méthode passive consiste à installer un enregistreur automatique sur une période plus longue, a minima 1 nuit complète mais le plus souvent sur 3 nuits consécutives. À l’issue, nous récupérons les enregistrements, pour les analyser en bureau à l’aide de logiciels spécialisés.

Enfin, nous pouvons effectuer des recherches de gîte sur le terrain, pour identifier les habitats des chiroptères sur site. Cette méthode visuelle n’est pas systématique, mais peut fournir une mine d’informations, en complément des études acoustiques.

L'analyse acoustique, pour mieux comprendre les chiropteres

Dans notre panoplie d’outils

Évidemment, ces différentes méthodes de suivis et d’inventaires reposent sur des outils derniers cris. Nous disposons de différents enregistreurs automatiques (pour l’enregistrement passif), de tablettes tactiles équipées de micro à ultrasons (pour l’écoute active), et de plusieurs logiciels spécialisés (pour le pré-tri et l’analyse des données acoustiques relevées sur le terrain).

Notre spécialisation en analyse acoustique nous permet de faire l’inventaire qualitatif et quantitatif des chiroptères et de comprendre leur utilisation du territoire (chasse, gite, reproduction, corridor de déplacement…). Par exemple, un son qui caractérise une accélération dans l’émission des signaux, également appelé « buzz », indique qu’un individu s’apprête à capturer sa proie.

Une multitude de signaux que nous pouvons aujourd’hui analyser plus finement pour établir un état des lieux précis de l’activité de ces chiroptères, indispensables à la biodiversité et à l’équilibre des milieux naturels.