L’écologie dans l’urbanisme : une opportunité !

Si les enjeux écologiques sont encore parfois perçus comme une contrainte dans les projets de programmation ou d’aménagement urbains, nous œuvrons à ce qu’ils soient intégrés dès la phase de conception — au même titre que les enjeux de programmation, de mobilité ou de qualité de vie, par exemple.

Et pour cela, nous avons notre carte maîtresse au sein de notre équipe : Patrick Péron, chef de projet « Écologie – Urbanisme », car il se situe de par son expérience à l’interface de ces deux univers. Il est, et nous sommes, ainsi en mesure de comprendre le vocabulaire, les expectatives et les prérogatives de chaque partie prenante, pour faire autant que possible de ces enjeux écologiques une opportunité.

Le pourquoi du comment

Pourquoi ces enjeux ne sont-ils pas toujours une priorité pour les aménageurs et les promoteurs ? On peut l’expliquer en partie par une prise de conscience récente et une certaine méconnaissance du sujet : bien que le législateur en ait fait dès 1976 un outil d’aide à la décision, les études d’impacts ont été menées bien souvent en aval des projets. Ce constat, et la nécessité de se conformer au droit européen, ont conduit à renforcer depuis 2010 la règlementation des études d’impact.

« Aujourd’hui, avec la démarche Eviter, Réduire, Compenser (E.R.C.), nous nous affichons le plus possible en amont, pour que l’écologie soit perçue comme un élément indispensable dès le départ du projet… et non a posteriori », explique Patrick Péron, qui note aussi que « les aménageurs et les promoteurs sont de plus en plus sensibles au sujet ».

« Notre travail vise à protéger les milieux naturels et à tout faire pour que le projet d’aménagement ne soit pas pénalisé, en assurant qu’il n’y ait pas ou peu d’impacts sur l’écosystème », souligne-t-il. Ainsi, nos missions se déroulent en parallèle des études techniques et autres étapes, « en temps caché ».

De la contrainte à l’opportunité

Le principal biais est celui de la prise en compte trop tardive des enjeux écologiques lors de la conception des projets urbains. La découverte d’une espèce protégée, à l’endroit même où le projet prévoit le passage d’une voirie primaire (après 6 mois d’études techniques complexes), sera inévitablement perçue comme une contrainte.

Plutôt que de remettre en question l’aménagement envisagé, le maître d’ouvrage sera tenté de monter un dossier de demande de dérogation à la destruction d’une espèce ou d’un habitat d’espèces protégés. Or, une telle demande nécessite des prérequis : démontrer « l’intérêt public majeur » du projet, ainsi que l’absence de solutions alternatives moins dommageables à la biodiversité. Elle suppose également la définition de mesures dont le caractère compensatoire n’est pas toujours aisé à démontrer. Enfin, elle implique des délais d’instruction longs, pour un résultat incertain. En outre, des dérogations accordées par le préfet ne sont pas à l’abri de recours et d’annulation par les tribunaux, sur contestation en particulier de l’intérêt public majeur du projet.

L’écologue n’est donc pas un technicien de plus : il doit être impliqué tout au long du projet en tant que partenaire du concepteur, à même de dialoguer avec les élus, architectes, urbanistes, paysagistes, énergéticiens, hydrauliciens… Dans ce contexte, « les enjeux écologiques peuvent être des éléments structurants », affirme Patrick Péron « en misant par exemple sur la plurifonctionnalité des espaces de nature ». Pour faciliter l’écoulement des eaux pluviales, créer des espaces ombragés pour les habitants, ou encore favoriser les liaisons douces grâce à des chemins piétonniers, et donc offrir une meilleure qualité de vie tout en préservant les écosystèmes et les services associés.

Cette approche a d’ailleurs un double avantage : pour les futurs habitants bien sûr, mais aussi pour les aménageurs ou les constructeurs, qui perçoivent non plus ces milieux préservés comme des lieux non construits, mais comme des espaces qui vont jouer un rôle et des fonctions particulières… au service du projet global d’aménagement et de promotion du territoire.