Qu’est-ce (vraiment) que le génie écologique ?

Le génie écologique, c’est à la fois notre terrain de jeu, notre champ d’expertise… et un parti pris. Car c’est toute la particularité de notre métier : ceux qui se sont engagés dans cette voie l’ont fait par passion et par conviction.

Si on s’en tient à l’étude littérale de l’expression « génie écologique », il s’agit ici de la rencontre entre l’ingénierie classique et l’écologie scientifique. L’objectif : favoriser la résilience des écosystèmes — c’est-à-dire la capacité aux systèmes vivants à se reconstruire ou à s’adapter après une perturbation.

Un peu d’histoire…

La discipline est relativement récente : elle est apparue aux États-Unis dans les années 60, portée par le Clean Waters Restoration Act qui visait à préserver les zones humides du territoire. Pourquoi à cette période ? Comme souvent, plusieurs facteurs s’entrecroisent : la prise de conscience collective des enjeux (après avoir surexploité les ressources naturelles, dans un contexte de forte croissance démographique), couplée à la création d’outils incitatifs et coercitifs par le gouvernement, et aux travaux de chercheurs dans ce domaine.

Deux écologues américain (Mitsch) et danois ( Jorgensen) se sont attelés à définir la notion de Ecological Engineering. Définition qui s’est affinée au fil du temps pour s’établir en 1989 comme la « conception d’écosystèmes durables qui intègrent la société humaine avec son environnement naturel pour le bénéfice des deux ».

En France, le génie écologique se développe à partir des années 90.  A cette époque, la commande publique est le principal moteur du développement de la filière d’activité associée. Les compétences liées à la préservation et la gestion du patrimoine relèvent de plusieurs collectivités et établissements publics : gestion des Espaces Naturels Sensibles par les départements, gestion des cours d’eau par les Syndicats Intercommunaux de gestion des bassins versants…

Dervenn a été créé en 2002, avec la première vague d’entreprises qui ont cru au potentiel de cette activité. Pas seulement d’un point de vue économique, mais aussi social et environnemental. La filière se structure, portée par l’Union Professionnelle du Génie-Ecologique (UPGE), créé en 2009, dont Dervenn fait partie des membres fondateurs, et l’Association Française Interprofessionnelle des Ingénieurs Ecologues (AFIE). En 2014,  l’association fédérative AI-Géco rassemble l’ensemble des Acteurs de l’Ingénierie et du Génie Ecologique.

En parallèle, la définition du génie écologique se construit avec les acteurs publics et du monde de la recherche ; le gouvernement lance Recréer la nature en 1996, puis des groupes de travail régionaux dédiés à la filière en 2009.

Le génie écologique par le menu

En pratique, le génie écologique comprend toutes les techniques associées à la restauration ou la gestion de milieux naturels, des études en amont à la mise œuvre des préconisations.

Par exemple, pour un projet de restauration d’un cours d’eau, les étapes peuvent comprendre :

  • le diagnostic écologique du cours d’eau, qui fait appel à des compétences en écologique, en hydraulique, en topographie :  morphologie, qualité biologique, état de la végétation
  • les études techniques pour définir le projet de restauration : plans projets
  • la réalisation des travaux, qui peut combiner des opérations de terrassement (pour retravailler le lit de cours d’eau), d’apport de granulats (pour travailler sur le débit du cours d’eau), de génie végétal (pour stabiliser les berges)
  • les suivis : pour vérifier l’impact du projet avant et après travaux et dans la durée

Chez Dervenn, cette complémentarité études et travaux est portée par deux filiales : Dervenn Conseils Ingénierie et Dervenn Travaux Aménagements. Une dualité qui nous permet de nous remettre en question régulièrement en croisant les retours d’expérience.