L’écologie du gazon et des pelouses fleuries

Nous avons tous, de prêt ou de loin, des expériences qui nous lient aux pelouses. Elles représentent pour nous des lieux de rencontre, de partage, de repos, de liberté et beaucoup plus encore. Au-delà de ces aspects sociaux, les pelouses ont un rôle écologique avec des enjeux qui sont importants pour la biodiversité.     

 

D’où vient la pelouse que nous connaissons aujourd’hui ?

La création des pelouses a été inspirée par les prairies naturelles. On en retrouve les premières traces chez les peuples romains. Ces derniers agrémentaient les abords de leurs demeures en prélevant des plaques d’herbe dans les pâturages. C’est pendant la Renaissance que les pelouses commencent à former de grands tapis verts sans aucune autre plantation. Les châteaux de la Renaissance, tel que celui de Chambord, illustrent bien cette architecture paysagère qui cherche à mettre en valeur les châteaux. Aujourd’hui la pelouse reste à la base de l’aménagement de nos jardins et elle a des fonctions environnementales et sociales importantes. Les pelouses sont les “poumons verts” de nos villes et elles nous donnent un cadre végétal qui met en valeur nos constructions. En plus de la diversité floristique qu’elle représente, la pelouse est l’habitat d’une faune abondante. 

Pelouse

Quelle place pour la pelouse dans la démarche écologique des villes ?

Depuis une vingtaine d’années, on voit les pelouses se diversifier. On observe de plus en plus de pelouses rustiques qui répondent aux attentes des écocitoyens. Elles répondent également aux besoins des collectivités qui cherchent à réduire leurs coûts d’entretien et leur consommation en eau. La gestion différenciée est dans l’air du temps et on voit de plus en plus de communes qui remplacent les gazons traditionnels par des prairies permanentes. Avec ce changement on peut voir une colonisation de ces espaces par des insectes floricoles comme les papillons ou les bourdons. De nombreuses chartes voient le jour pour orienter les professionnels et les particuliers vers des solutions alternatives et durables. Ces solutions proposent des gazons peu consommateurs en eau, en entretien, en fertilisants mais surtout en produits phytosanitaires.

Source photographie : Euroflor

Les aspects écologiques des gazons

Trois strates de végétation composent le gazon. Ces strates sont les suivantes :

  • La strate hypogée, composée de la microflore et de la microfaune du sol ;
  • La strate muscinale, constituée de mousses, lichens et plantes couvre-sol ;
  • La strate herbacée, regroupant des graminées, des fougères, des roseaux, des plantes florales et la petite végétation ligneuse.

 

Les végétaux des ces strates captent l’énergie du soleil pour oxyder l’eau, réduire le gaz carbonique et ainsi synthétiser des glucides. Le gazon abrite aussi des organismes qui ne peuvent pas produire leur propre substances organiques tel que des animaux phytophages (qui se nourrissent de végétaux, comme les insectes, les oiseaux, les amphibiens…), des cryptogames (comme les champignons) et d’autres auxiliaires biologiques (vers, acariens, insectes prédateurs, pucerons…). Moins les gazons sont artificiels, plus il y a de biodiversité, plus l’équilibre de l’écosystème est stable et moins l’intervention humaine est nécessaire. 

Un habitat pour beaucoup d’espèces

Une pelouse est maison pour de nombreuses niches écologiques. Ces niches varient en fonction de la composition de la pelouse et de son stade de développement. Il va de soi que les prairies permanentes et les pelouses fleuries sont plus accueillantes pour la biodiversité que les gazons ras. Les pelouses ont également un réel intérêt pour les oiseaux et dans certains cas elles peuvent assurer l’existence de certaines espèces qui cherchent à construire leurs nids et à se nourrir. Plus ces espaces sont gérés de manière naturelle, plus ils deviennent vivants, plus ils se diversifient et plus la faune et la flore deviennent variés.

 

Les auxiliaires biologiques

L’intérêt pour le gazon se fait sentir de plus en plus dans le milieu du paysage. Le gazon est un réservoir de biodiversité, il préserve nos sols de l’érosion, régule les eaux et alimente les nappes phréatiques. Au-delà des gazons traditionnels on voit l’essor des pelouses fleuries, des jachères fleuries et des bandes enherbées fleuries. Les jachères fleuries se développent dans le domaine agricole et non agricole pour leurs intérêts paysager et environnemental. Lors d’aménagements de ce type, il est important de choisir des semences adaptées au biotope local. Bien pensée et bien installée, une jachère fleurie est un écosystème qui favorise l’apparition d’animaux qui y trouvent des éléments favorables (abris, pollen, nectar, eau…).

 

Pour résumer…

Bien qu’elle puisse paraître anodine, la pelouse peut représenter un réservoir de biodiversité majeur dans nos villes. Elle a un intérêt écologique que l’on ne peut pas négliger. Il faut cependant continuer à faire évoluer nos pratiques d’aménagement et de gestion de ces espaces naturels. Le contexte environnemental, et désormais réglementaire avec l’adoption de la loi Labbé, a créé une dynamique positive. Elle laisse à toute une variété d’êtres vivants la possibilité de retrouver une place au sein de notre monde qui s’urbanise.

 

Ressources :

Sites internet

 

Livres 

  • Elisabeth et Jérôme J. (2011). Guide écologique du gazon et des pelouses fleuries. Sang de la Terre

Olivier F. (2011). Alternatives au gazon. Actes Sud

 

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