Les continuités écologiques à l’échelle d’un territoire : la Trame Verte et Bleue

La Trame verte et bleue doit son origine au Grenelle de l’environnement en 2007.

Cette politique a pour objectif de préserver et d’améliorer la capacité de déplacement des espèces animales qu’elles soient terrestres, aquatiques ou volantes. Aussi bien dans les espaces naturels que les espaces urbains.
Cette politique est inscrite dans le Code de l’environnement et dans le Code de l’urbanisme

C’est une politique de préservation de la biodiversité ainsi qu’une politique d’aménagement du territoire. Elle est fortement connectée aux enjeux du paysage, puisque de la qualité de la diversité de ces continuités écologiques, dépendra aussi la diversité et la richesse de nos paysages. 


Le cycle de vie des espèces, naître, grandir, se reproduire, exige des déplacements plus ou moins fréquents, et plus ou moins longs des individus. Chaque espèce se déplace aussi pour trouver nourriture, lieu de repos, partenaire sexuel, cela à plus ou moins grande distance. 

En revanche, les activités humaines détruisent ou perturbent les habitats de nombreuses espèces ainsi que le cycle de vie des plantes. (Zone d’activité, route départementale, l’autoroute, la ligne grande vitesse, les clôtures en général, l’éclairage.)  


Aujourd’hui, nous pouvons remarquer une croissance de la majorité des populations espèces et population d’espèces généralistes au détriment des espèces spécialisées, patrimoniales…

Prenons le cerf pour illustrer ce qui a été dit précédemment : le cerf est amené à se déplacer, parfois sur de grandes distances, il fréquente différents types de milieux.
La forêt p
rincipalement mais il est amené à utiliser des milieux ouverts et même des alpages jusqu’à 3000 mètres d’altitude. Selon le moment de l’année, le cerf va se déplacer pour chercher des secteurs riches en alimentation de février à juillet, ensuite à l’automne il va chercher les meilleures places pour que le brame du cerf puisse avoir lieu. Ces secteurs sont généralement séparés par une dizaine de kilomètres entre eux. Pendant son déplacement, il peut rencontrer de nombreux obstacles comme la route : il peut la traverser mais risque une collision.
De plus, certaines routes sont clôturées, elles empêchent donc les déplacements sur le territoire. Il y a également les secteurs urbanisés qui entraînent une rupture dans la continuité des milieux.

Continuités écologiques

Source : Dervenn

Selon la taille des espèces, leurs capacités de déplacement sont différentes. Le crapaud se déplacera beaucoup moins loin que le cerf par exemple.

Les animaux se déplacent dans des milieux très différents qu’il faudra préserver de l’urbanisation et des activités humaines. Ils peuvent rencontrer des obstacles de nature très diverse qu’il faudra prendre en compte pour cibler des actions de restauration.

Concrètement, que représente la Trame Verte et Bleue ?

Selon le Ministère de l’écologie du développement durable et de l’énergie « La Trame verte et bleue est un outil d’aménagement du territoire qui vise à (re)constituer un réseau écologique cohérent, à l’échelle du territoire national, pour permettre aux espèces animales et végétales, de circuler, de s’alimenter, de se reproduire, de se reposer… En d’autres termes, d’assurer leur survie, et permettre aux écosystèmes de continuer à rendre à l’homme leurs services. »

Les continuités écologiques constituant la Trame verte et bleue comprennent des réservoirs de biodiversité et des corridors écologiques (articles L.371-1 et R.371-19 du code de l’environnement).

Continuités écologiques

Source : SRCE Bretagne 

 

Les continuités écologiques 

Qu’est-ce qu’un réservoir de biodiversité

Les réservoirs de biodiversité sont des espaces dans lesquels la biodiversité est la mieux représentée. Les espèces peuvent effectuer tout leur cycle de vie ou une partie.
et où les habitats naturels peuvent assurer leur fonctionnement en ayant notamment une taille suffisante, qui abritent des noyaux de populations d’espèces à partir desquelles les individus se dispersent ou qui sont susceptibles de permettre l’accueil de nouvelles populations d’espèces..

Qu’est-ce qu’un corridor écologique

Les corridors écologiques permettent d’assurer des connexions entre des réservoirs de biodiversité. Ils offrent aux espèces des conditions favorables à leur déplacement et à l’accomplissement de leur cycle de vie. Les corridors écologiques peuvent être linéaires, discontinus ou paysagers.

Il est important de savoir que les cours d’eau, au même titre que les zones humides constituent à la fois des réservoirs de biodiversité et des corridors écologiques.

La Trame Verte est composée des continuités écologiques terrestres (boisements, bocages, prairies…). 

La Trame Bleue est composée des continuités écologiques aquatiques (cours d’eau, estran, plans d’eau…). 

Les zones humides sont un cas particulier car elles participent aussi bien à la trame verte qu’à la trame bleue.

 

A quelles échelles s’applique la Trame Verte et Bleue ?

Pour une meilleure efficacité, la Trame Verte et Bleue se décline à différentes échelles : du territoire national au jardin. Nous sommes d’ailleurs intervenu pour le moment, aux échelles intercommunales (communautés de communes et SCOT) et régionales. Nous participons également de façon transversale à l’optimisation des continuités écologiques des différents projets sur lesquels il est sollicité.

Echelles trame verte et bleue

Source : Dervenn

Chaque échelle prend en compte les préconisations des échelles supérieures.

 

Quels enjeux pour la Trame Verte et Bleue ?

Des actions diversifiées pour répondre à plusieurs enjeux

La Trame Verte et Bleue a plusieurs enjeux. Le premier est de restaurer les possibilités de déplacement des espèces pour qu’elles puissent accomplir leur cycle de vie et permettre les échanges entre populations. L’objectif est de limiter la disparition des espèces et leur permettre de s’adapter au changement climatique.

 

Les animaux se déplacent dans des milieux très différents qu’il faut préserver de l’urbanisation et des activités humaines. Ils peuvent rencontrer des obstacles de nature très diverse qu’il faudra prendre en compte pour cibler des actions de restauration.

De nombreux outils permettent de mettre en œuvre des actions en faveur des continuités écologiques :

  • Les documents d’urbanismes
  • Les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU), à l’échelle communale ou intercommunale, peuvent interdire la construction sur des espaces diagnostiqués en tant que réservoirs de biodiversité en les classant en zone N (Naturelle, parcelles inconstructibles) ;
  • Les Schémas de Cohérence Territoriaux (SCoT), à l’échelle d’un groupement d’intercommunalités, définissent des orientations d’aménagement du territoire à moyen terme (15 ans). Ils permettent de prendre en compte les besoins d’espèces se déplaçant sur de grandes distances (plusieurs communes). Ils permettent également d’assurer la cohérence entre les réservoirs de biodiversité et les corridors écologiques.
  • les outils fonciers : achat de parcelles (ex : politique départementale des Espaces Naturels Sensibles), bail à long terme, convention d’usages, bail rural à clauses environnementales, Obligations Réelles Environnementales (ORE)… La mobilisation des outils fonciers permet d’inscrire une action dans le territoire, de la pérenniser.
  • La mobilisation des citoyens : un citoyen sensibilisé sera plus à même d’être en mesure de s’investir individuellement et collectivement dans la vie de son territoire et dans la préservation des continuités écologiques à son échelle.

 

Grâce à sa transversalité inter-échelle, la Trame Verte et Bleue mobilise de nombreux acteurs : 

  • Les régions
  • Les communes et intercommunalités
  • Les agences de l’eau
  • Les départements
  • Les Parcs Naturels Régionaux
  • Les professionnels et associations
  • Les agences régionales de la biodiversité

 

Il est important de mettre en place des actions sur tout le territoire. Aussi bien sur les espaces les plus riches que sur les espaces beaucoup plus dégradés mais qui ont conservé des potentialités en matière de biodiversité. 

 

Exemples d’actions concrètes : 

Passages à faune, passes à poissons, trous dans les clôtures, écoponts, densification du réseau de haies.

Ecopont

 

 

 

Ecopont – Source : trameverteetbleue.fr

Crapauduc

 

 

 

Crapauduc – Source : Hyla 63

 

 

 

 

Vers d’autres trames

La démarche de la Trame Verte et Bleue a impulsé la définition d’une multitudes d’autres trames.

La Trame Noire, qui représente  l’ensemble des corridors écologiques caractérisés par une certaine obscurité et empruntés par les espèces nocturnes. Elle répond aux problèmes de pollution lumineuse et de ses impacts sur la biodiversité.

La Trame brune, qui est liée à la continuité des sols, permet de restaurer la capacité des sols.

La Trame Turquoise, liée spécifiquement aux enjeux de zones humides

La Trame Aérienne qui est liée aux espèces qui volent (éoliennes, lignes HT….)

La Trame Olfactive qui concerne le système olfactif très développé chez de nombreuses espèces vivantes. Elle vise les perturbations créées par des activités humaines qui peuvent perturber le déplacement de ces espèces.

La Trame Blanche est la capacité à restaurer des systèmes où il n’y a pas trop de perturbations sonores 

Et pour finir, la Trame Bleue Marine qui est liée à l’océan.

 

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