Objectif Zéro Phyto : la preuve par l’exemple avec Saint-Lô Agglo et RTE

Déjà connu des collectivités, le Zéro Phyto a tout récemment fait parler de lui auprès du grand public : depuis le 1er janvier dernier, les particuliers amateurs de jardinage ne peuvent plus détenir ou utiliser des produits phytosanitaires. Mais avant cela, c’est la Loi Labbé qui, en 2014, inscrit légalement l’interdiction de ces produits dans certains lieux accessibles ou ouverts au public (espaces verts, forêts, promenades et voiries).

Cette règlementation, en vigueur au sein des collectivités depuis le 1er janvier 2017, ne concerne pas les espaces fermés appartenant à des structures publiques, ou ceux n’étant pas considérés comme des espaces verts. Les structures privées sont, pour le moment, en dehors du spectre de la Loi Labbé.

Les enjeux du Zéro Phyto sont majeurs : lutter pour une cohérence de la santé publique, rendre à la terre sa fertilité, transmettre aux générations futures un patrimoine naturel préservé. En 2016, nous nous sommes emparés de ce sujet avec un premier projet : la rédaction d’un guide pratique dédié à la gestion des espaces verts pour l’Unep — l’Union Nationale des Entreprises du Paysage. Notre horizon s’est ensuite ouvert à d’autres missions, pour deux acteurs très différents : Saint-Lô Agglo et RTE.

Le zero phyto chez Dervenn, pour un patrimoine naturel préservé
Une espèce remarquable d’orchidée, répertoriée lors de notre diagnostic

47 sites à Saint-Lô pour un plan de gestion différenciée

La communauté d’agglomération Saint-Lô s’est engagée dans la préservation de la biodiversité bien avant l’entrée en vigueur de la Loi Labbé. Elle a notamment été lauréate en 2016 de l’appel à initiatives Territoire à Énergie Positive pour la Croissance Verte (TEPCV), aux côtés de 212 collectivités sur les 528 postulantes.

C’est dans ce contexte que nous avons été mandatés pour réaliser le plan de gestion différenciée de 47 sites communautaires : stations d’épuration, parcs d’activités ou urbains, aires de loisirs… Bien sûr, cette démarche de valorisation de la biodiversité nécessite de procéder étape par étape. La première, début 2018, a consisté à réaliser sur chaque site un diagnostic de la faune et de la flore ainsi que des pratiques d’entretien.

Cette évaluation finalisée, nous entamons désormais la phase de préconisation du plan de gestion différenciée, menée en lien étroit avec les agents qui travaillent sur ces espaces. « La concertation avec les différents acteurs est une dimension essentielle de ce projet, car c’est elle qui assurera la réussite des étapes à venir : la réalisation et le déploiement des plans de communication et de formation », explique Romain Briand, notre chef de projets.

La coordination de ces acteurs, en charge de la gestion ou de l’aménagement des sites, œuvre en fil rouge sur toute la durée de cette mission. Car l’objectif Zéro Phyto induit de profonds changements dans les pratiques, par des solutions alternatives efficaces et plus respectueuses de l’environnement, mais aussi l’adéquation et la compréhension des différents rôles joués par chacun.

Dervenn sur le terrain : diagnostic de la faune et la flore. L'objectif : valoriser la biodiversité.
Rencontre avec un brocard sur le terrain

Un marché expérimental pour la gestion des espaces végétalisés avec RTE

Nous changeons de décor : RTE est, comme vous le savez, une entreprise privée qui gère le réseau public de transport d’électricité haute tension dans tout l’Hexagone. L’année passée, nous avons été retenus pour un marché expérimental, portant sur l’un des postes électriques situé dans la Manche. L’ambition est claire : passer en Zéro Phyto sur les espaces végétalisés au pied des postes électriques, alors même que la Loi Labbé n’oblige pas encore l’entreprise à se conformer à cette réglementation.

Sur cette mission, les contraintes techniques sont fortes : des aménagements qui ne permettent pas le passage des machines, et des impératifs en termes de sécurité qui nécessitent la présence de certains matériaux ou le désherbage de certaines zones. Comme pour Saint-Lô Agglo, nous évaluerons en amont ces contraintes avec ceux qui entretiennent le site, pour appréhender tous les aspects techniques et préconiser des solutions innovantes. D’autres projets pourraient voir le jour à moyen terme, comme l’aménagement de nouveaux espaces végétalisés.

En définitive, l’objectif Zéro Phyto est un sujet crucial à prendre à bras le corps par tous les acteurs, publics ou privés… jusqu’aux particuliers. Ce n’est pas seulement un cadre réglementaire, mais bien un enjeu pour l’environnement qui peut aussi devenir une opportunité économique et sociale.