Préserver les espaces floristiques du Val sans Retour : mission accomplie !

Mi-mai 2018, nous avons planté le dernier des 800 potelets destinés à protéger des piétinements les milieux d’intérêt floristique du Val sans Retour. Voici l’histoire de cette opération…

Si vous ne connaissez pas le Val sans Retour, la forêt de Paimpont vous sera sans doute plus familière. Ce lieu très touristique en Bretagne, empreint d’histoire et de légendes arthuriennes, abrite aussi une faune et une flore à préserver.

Le casse-tête : allier tourisme et protection des milieux naturels

Le site du Val sans Retour est situé à proximité de l’Arbre d’Or, érigé après l’incendie de 1990, et du Miroir aux Fées. Autant de lieux mythiques qui attirent les foules : chaque année, environ 1 million de personnes visitent la forêt de Brocéliande.

Ce succès touristique n’est pas sans conséquence. Jean-Claude Gervais, chargé de mission environnement à la Communauté de Communes de Brocéliande, explique : « le public, de plus en plus nombreux, avait tendance à se disséminer sur la lande. Mais c’est justement ici que la flore est la plus fragile : elle s’installe difficilement dans les irrégularités de la roche, sur un sol peu généreux. »

Ce site bénéficie d’une classification européenne, Natura 2000, qui répertorie et œuvre à préserver les milieux à fort intérêt floristique. « Cette pression touristique mettait en danger ces milieux, notamment deux zones de pelouse pionnière sur dôme rocheux », ajoute Jean-Claude Gervais. La solution pour la Communauté de Communes, maitre d’ouvrage de l’opération : tracer un chemin de 2 à 3 mètres de large, sur une distance d’un kilomètre, pour canaliser les piétinements et préserver ces espaces naturels.

Pelouse pionnière à préserver au Val sans retour
Pelouse pionnière // Pierre Brossier, CRPF de Bretagne

 

Une opération délicate… mais réussie !

A priori, ce projet parait assez simple : il s’agissait alors de planter une clôture constituée de potelets en châtaignier (approvisionné localement) et de fil lisse pour délimiter ce chemin — comme vous pouvez le voir sur les sentiers des douaniers sur la côte bretonne.

C’était sans compter sur des contraintes de taille : l’accès difficile pour notre équipe et son matériel, sur un site ouvert au public pendant les travaux et… la roche. « Nous avons fixé 800 potelets dans la roche, qu’il a fallu percer puis installer une tige de fer à béton, pour enfin embrocher sur cette tige les potelets en bois. Côté équipement, nous avons opté pour des quads forestiers et du matériel mobile », précise Jean-Baptiste Simon, conducteur de travaux chez Dervenn Travaux Aménagements.

« Nous avons apprécié l’implication de l’équipe de Dervenn dans ce projet, commente Jean-Claude Gervais. Les travaux ont été réalisés comme convenu, dans les temps impartis et avec discrétion. L’opération a été bien reçue par le public qui a émis des avis positifs, même si nous avons apporté des éléments artificiels dans un milieu naturel. »

Il conclut d’ailleurs : « malgré un été sec, nous avons pu constater dès l’automne la régénération des espèces floristiques à préserver ». Le suivi de la faune et de la flore dans ces espaces naturels est assuré sur le long terme par le CRPF, le Centre national de la propriété forestière.