Suivi des mares compensatoires de la ligne à grande vitesse Bretagne-Pays de la Loire

Contexte et objectifs

Dans le cadre de la compensation écologique de la Ligne à Grande Vitesse Bretagne-Pays de la Loire (LGV-BPL), 215 mares de compensation ont été créées, restaurées ou conservées sur les départements d’Ille et Vilaine, de Mayenne et de Sarthe. Un suivi de ces mares est réalisé sur 5 ans pour vérifier si elles jouent bien leurs rôles d’accueil de la biodiversité, notamment pour les amphibiens.

Les objectifs de cette étude sont d’évaluer les populations d’amphibiens utilisatrices de ces mares, d’évaluer le succès de reproduction de ces populations, ainsi que d’évaluer les fonctionnalités des mares.

Comment se déroule le suivi des mares ?

Le suivi de ces 215 mares s’étale sur 5 ans, chaque année 20 % de ces dernières sont suivies. Ce suivi est réalisé par un groupement de cotraitants composés de Dervenn Conseil Ingénierie (DCI), Mayenne Nature Environnement (MNE) et la Ligue pour la Protection des Oiseaux de la Sarthe (LPO72).

Dervenn Conseil Ingénierie s’occupe de suivre les 50 mares présentes en Ile et Vilaine.

Le suivi des amphibiens a été réalisé à partir de la combinaison de plusieurs méthodes d’inventaire complémentaires destinées à pouvoir contacter l’ensemble des espèces présentes sur une mare.

Afin de contacter l’ensemble du cortège d’amphibiens sur chaque site, 3 passages consécutifs dans le temps ont été effectués :

  • Un 1er passage, diurne, permettant la détection visuelle des pontes, a été réalisé en février- mars
  • Un 2ème passage, nocturne, réalisé en avril-mai permettant la détection visuelle des urodèles (salamandres et tritons) et des anoures adultes (crapauds et grenouilles) venus se reproduire dans les mares ; cumulé avec une détection auditive des anoures pour lesquels le chant des mâles en période de reproduction est facilement audible.
  • Un 3ème passage, diurne, effectué en juin-juillet afin de détecter et déterminer les larves.

Les prospections nocturnes, débutent par une phase d’écoute d’environ 15 minutes, au cours de laquelle les individus chanteurs sont identifiés et comptabilisés. Les berges sont ensuite parcourues, en balayant la mare à l’aide d’une source lumineuse, afin de détecter les individus adultes qui ont été identifiés, sexés et dénombrés. Enfin, les mares ont été prospectées au moyen d’un troubleau, en limitant son usage pour éviter la destruction des herbiers. Les prospections se déroulent dans des conditions climatiques favorables à l’activité des amphibiens et optimales à leur détection.

Les individus capturés, une fois identifiés, ont été relâchés rapidement, à l’endroit précis de la capture.

Résultats de l’étude

Pour chaque espèce, seul l’effectif le plus important entre les 3 passages est retenu et analysé.

Le suivi de 2022 n’étant pas fini, nous vous présentons le résultat des 40 mares suivies sur la période de 2018 à 2021, sur le département d’Ille et Vilaine.

Au total 11 espèces d’amphibiens ont été relevées sur les 40 mares prospectées dont 6 de ces espèces présentent un intérêt patrimonial. Il s’agit de la Rainette arboricole, de la Grenouille rousse, du Triton alpestre du Triton crêté, du Triton ponctué et du Triton marbré.

Au moins une espèce patrimoniale a été observée dans 24 des 40 mares et 19 de ces 40 mares abritent au moins 4 espèces d’amphibiens.  La diversité relevée au sein des mares peut aller jusqu’à 6 espèces.

(Rainette verte – Hyla arborea)

L’état des populations est considéré comme bon a très bon sur 60 % des mares et moyen pour 30 % mares. Cet état est évalué par rapport au nombre d’espèces et d’individus relevés ainsi qu’à la réussite de la reproduction.

L’état fonctionnel des mares est bon voire très bon pour la moitié d’entre elles et moyen pour 35 % des mares. Cet état est évalué sur leur capacité à retenir de l’eau en période de reproduction, ainsi qu’à leur végétalisation et qualité des eaux favorables à l’accueil des espèces.

Sur la base de ces suivis des opérations d’entretien sont réalisés chaque année sur des mares afin d’optimiser leur état de conservation : curage partiel, entretien de végétation arborée pour remise en lumière, gestion des abords végétalisés…

Ainsi, toutes les mares accueillent au moins une espèce d’amphibien. Ces résultats démontrent qu’ils présentent une grande capacité à coloniser de nouveaux milieux, et ce très rapidement. Une attention particulière doit être portée au positionnement de nouvelles mares afin qu’elles puissent être en eau le plus longtemps possible au vu des printemps de plus en plus secs observées ces 5 dernières années. Il est aussi conseillé de ne pas rajouter de terre végétale sur les berges et fond des mares créées, sous peine de voir la végétation se développer trop rapidement et limiter le volume d’eau disponible, tout en générant un besoin d’entretien fort.

Malgré les forts impacts sur les mares anciennement présentes dans nos paysages, ces résultats rassurants nous démontrent encore une fois la forte résilience de la faune dès lors que des habitats leur sont disponibles.

 

 


Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à nous suivre sur nos réseaux sociaux pour connaître toutes nos actualités : FacebookLinkedIn, Twitter et Youtube